NEF (Net des études françaises) - Dossiers du NEF

Dans la lignée de Handicapzéro

par Marie Lebert, octobre 2007


Présentation

La mise de l'écrit - livre, presse, site web - à la disposition des personnes handicapées ne peut plus être considérée comme une chance ou une opportunité. Il s'agit désormais d'un droit pour le public handicapé et d'un devoir pour les professionnels de l'information, puisque les technologies le permettent. Voici quelques-unes de ces initiatives, qui répondent à des logiques différentes: chance et opportunité d'une part, droit et devoir d'autre part.

Le livre numérique
Le braille
La voix
Library for Congress / Recording for the Blind
National Braille Press
Bookshare.org
Une édition braille confidentielle
La directive européenne
BrailleNet et Hélène
Handicapzéro, grand portail francophone
La Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH)
Perspectives


Le livre numérique

L'internet représente une porte grande ouverte sur le monde pour les personnes handicapées. Il existe aussi des outils logiciels permettant de favoriser l'accès du web à tous. Fait nouveau, les bibliothèques numériques permettent un large accès au livre. Pour la première fois, les personnes ayant un problème visuel ou les personnes à motricité réduite (par exemple celles qui ne peuvent tenir un livre dans les mains ou bien tourner les pages) ont accès à de nombreux titres du patrimoine littéraire et scientifique, et non plus seulement à un pourcentage infime, et - plus important encore - elles peuvent accéder aux nouveautés sans devoir attendre des mois sinon des années. Le document numérique permettant de dissocier contenu et présentation, on peut influer sur cette dernière en changeant la taille et la police des caractères, en inversant les contrastes, en supprimant la couleur ou en la modifiant, afin de faciliter la lecture des personnes malvoyantes. Pour les personnes aveugles, un document numérique peut être converti au format braille pour lecture sur plage braille ou impression sur imprimante braille, ou alors en "voix" pour lecture sur synthèse vocale. Le défilement automatique du texte permet aux personnes à motricité réduite de lire un livre sans devoir faire appel à un tiers.


Le braille

Mais revenons tout d'abord aux débuts du braille au 19e siècle. Le braille est un alphabet tactile mis au point en 1829 par le français Louis Braille pour rendre l'écriture accessible aux aveugles. Il s’agit d’un système de six points composé de deux colonnes de trois points. La combinaison de ces six points permet de former toutes les lettres de l’alphabet, les signes de ponctuation et les symboles. Le braille est d’abord embossé sur papier au moyen d’une tablette et d’un poinçon. A partir de la fin des années 1970, il est produit à l’aide d’un afficheur braille piézo-électrique. A cet afficheur succède la machine Perkins avec son clavier de six touches. Puis apparaît le matériel informatique, par exemple le bloc-notes braille qui sert à la fois de machine à écrire le braille et - quand il est connecté à un ordinateur - d’écran tactile permettant de lire l’écran de l’ordinateur. Le braille informatique peut s’afficher sur huit points, ce qui permet d’augmenter par quatre le nombre de combinaisons possibles. Le format le plus utilisé est le format BRF (braille format).


La voix

Depuis trente ans sinon plus, les personnes ayant un problème visuel peuvent écouter des livres sur bande magnétique ou sur cassette, enregistrés au fil des ans par des centaines de bénévoles. Elles peuvent aussi se procurer en librairie des livres audio sur cassettes et - plus récemment - sur CD. Certains éditeurs proposent une série de titres enregistrés par des comédiens professionnels ou par les auteurs eux-mêmes. Plusieurs organismes spécialisés fondent en mai 1996 le DAISY Consortium - DAISY signifiant d'abord "digital audio information system" puis "digital accessible information system". Ce consortium international a pour tâche d’assurer la transition entre le livre audio analogique (disponible sur bande magnétique ou sur cassette) et le livre audionumérique, et de définir une norme internationale pour ce dernier, en conformité avec les standards promus par le World Wide Web Consortium (W3C), l'organisme international de normalisation du web. La norme DAISY se base sur le format DTB (digital talking book), qui permet l’indexation du livre audio et l’ajout de signets pour une navigation facile au niveau du paragraphe, de la page et du chapitre. Près de 41.000 livres audio répondent à cette norme en mars 2003, 104.100 livres audio en mars 2004 et 129.650 livres audio en août 2005. D’autres formats possibles sont les standards de compression audio utilisés pour la musique, comme le format MP3 ou le format WMA (Windows media audio). C'est le cas des livres audio vendus en librairie, qui sont entregistrés par des comédiens et parfois par les auteurs eux-mêmes.


Library of Congress / Recording For the Blind

Un département de la Library of Congress - le NLS (National Library Service for the Blind and Physically Handicapped) - lance en août 1999 un serveur permettant aux personnes handicapées visuelles de télécharger des livres aux formats BRF ou DAISY. A l’ouverture du service, 3.000 livres sont disponibles pour téléchargement ou consultables en ligne. Ce service fournit aussi un synthétiseur de parole, qui est un logiciel permettant de désagréger le texte pour lecture sur synthèse vocale. Ce sont des narrateurs sous contrat qui enregistrent les livres, avec des critères de qualité à respecter et donc un coût significatif par livre. Les collections du NLS comptent 4.700 titres en septembre 2003. De son côté, l’association Recording For the Blind & Dyslexic (RFB&D) enregistre 4.000 titres par an avec l’aide de 5.000 volontaires officiant dans 32 studios d’enregistrement répartis dans tout le pays. Elle est la plus grande association de ce type aux Etats-Unis. En 2002, la RFB&D débute la numérisation de ses collections au format DAISY. 6.000 livres audio sont disponibles sur CD-Rom en septembre 2002, et 37.500 livres audio cinq ans plus tard, en septembre 2007.


National Braille Press

Les transcriptions en braille peuvent être rapides quand existent à la fois la motivation et les moyens. Un bon exemple est le quatrième volet de la série best-seller de Joanne K. Rowling, Harry Potter and the Goblet of Fire, qui paraît en juillet 2000. Le livre est publié par la National Braille Press (NBP) vingt jours seulement après sa sortie en librairie, avec un premier tirage de 500 exemplaires. Si les 734 pages du livre "standard" publié par Scholastic donnent 1.184 pages en braille, le prix du livre braille n’est pas plus élevé, souligne la NBP. Ce court délai est dû à deux facteurs. D’une part, Scholastic fournit le fichier électronique, une initiative dont d’autres éditeurs feraient bien de s’inspirer. D’autre part, les 31 membres de l’équipe de la NBP travaillent sans relâche pendant quinze jours. Comme pour tous les titres de la NBP, le livre est disponible aussi au format PortaBook, à savoir un fichier en braille informatique abrégé stocké sur disquette, pour lecture sur un lecteur braille portable ou au moyen d’un logiciel braille. Sept ans plus tard, en juillet 2007, le septième et dernier opus de la série, Harry Potter and the Deathly Hallows, est disponible chez Bookshare.org 4 heures et 20 minutes après la parution officielle du livre le 21 juillet à minuit, le temps de scanner le livre et de mettre en forme les fichiers numériques.


Bookshare.org

Lancé par la société Benetech et mis en ligne en février 2002, Bookshare.org est une grande bibliothèque numérique (inscription payante) à l’intention des personnes aveugles et malvoyantes résidant aux Etats-Unis. Benetech est une société de la Silicon Valley (Californie) ayant pour objectif de mettre la technologie au service de tous. Dès l’ouverture, grâce à une centaine de volontaires, les 7.620 livres de Bookshare.org sont disponibles en deux formats, le format BRF et le format DAISY. Le format BRF est destiné à une lecture sur plage braille ou une impression sur imprimante braille. Le format DAISY permet l’écoute du texte sur synthèse vocale. Le nombre de livres et de volontaires augmente rapidement. En février 2003, un an après l’ouverture, Bookshare.org compte 11.500 livres et 200 volontaires. Le catalogue comprend 14.000 livres en août 2003, 17.000 livres en février 2004, 20.000 livres en janvier 2005 et 30.000 livres en novembre 2006. 5.000 livres sont ajoutés pendant l'année 2006, avec un rythme de 100 livres par semaine. Bookshare.org s'appuie sur un amendement de la loi sur le copyright, le 1996 Chafee Amendment (U.S. Copyright Law, 17 U.S.C. § 121), qui autorise la distribution d'oeuvres littéraires dans des formats adaptés auprès des personnes handicapées visuelles, des personnes souffrant d'un handicap de lecture et des personnes à motricité réduite. En mars 2006, Bookshare.org passe un accord avec la NFB (National Federation for the Blind) pour proposer des journaux régionaux et nationaux. Fin 2006, la bibliothèque propose 30.000 livres et 150 périodiques à 5.000 adhérents. En mai 2007, Bookshare.org lance un service international. [En savoir plus]


Une édition braille confidentielle

Qu'en est-il dans la Francophonie? Dans un premier temps, malgré l’existence d’un matériel informatique adapté, l’édition braille reste encore confidentielle sinon clandestine, le problème des droits d’auteur sur les transcriptions n’étant pas résolu. Les livres en gros caractères et sur cassettes sont eux aussi peu nombreux par rapport aux milliers de titres paraissant chaque année, malgré les efforts dispensés par les éditeurs spécialisés et les organismes bénévoles. Directeur de la communication de l’association Handicapzéro, Patrice Cailleaud explique en janvier 2001 que, si le livre numérique est "une nouvelle solution complémentaire aux problèmes des personnes aveugles et malvoyantes, (...) les droits et autorisations d’auteurs demeurent des freins pour l’adaptation en braille ou caractères agrandis d’ouvrages. Les démarches sont saupoudrées, longues et n’aboutissent que trop rarement." Richard Chotin, professeur à l’Ecole supérieure des affaires (ESA) de Lille, relate pour sa part en mai 2001: "Ma fille vient d’obtenir la deuxième place à l’agrégation de lettres modernes. Un de ses amis a obtenu la maîtrise de conférence en droit et un autre a soutenu sa thèse de doctorat en droit également. Outre l’aspect performance, cela prouve au moins que, si les aveugles étaient réellement aidés (tous les aveugles n’ont évidemment pas la chance d’avoir un père qui peut passer du temps et consacrer de l’argent) par des méthodes plus actives dans la lecture des documents (obligation d’obtenir en braille ce qui existe en "voyant" notamment), le handicap pourrait presque disparaître."


La directive européenne

Entérinée en mai 2001, la directive 2001/29/CE de la Commission européenne sur "l’harmonisation de certains aspects du droit d’auteur et des droits voisins dans la société de l’information" - plus simplement appelée directive EUCD (European Union Copyright Directive) - insiste dans son article 43 sur la nécessité pour les Etats membres d’adopter "toutes les mesures qui conviennent pour favoriser l’accès aux oeuvres pour les personnes souffrant d’un handicap qui les empêche d’utiliser les oeuvres elles-mêmes, en tenant plus particulièrement compte des formats accessibles". C'est chose faite dans les années qui suivent. En France par exemple, la loi du 1er août 2006 sur le droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information - plus simplement appelée loi DADVSI - prévoit l'exception au droit d'auteur en faveur des personnes handicapées, qui permet à certains organismes de recevoir gratuitement des oeuvres originales pour produire des versions numériques et des versions audio à l'intention des aveugles. Le caractère non marchand du droit à l'édition adaptée tel qu'inscrit dans la loi DADVSI (loi du 1er août 2006 sur le droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information) semble quelque peu curieux. Pourquoi obtenir gratuitement ce qui est souvent revendu ensuite?


BrailleNet et Hélène

En partenariat avec plusieurs organismes (associations, établissements d'enseignement spécialisés, éditeurs), l'association BrailleNet - fondée en 1997 par Dominique Burger - crée en novembre 2001 le serveur Hélène pour l'édition adaptée, afin de proposer en accès restreint des livres numériques permettant des impressions en braille ou en gros caractères. Ces livres sont des oeuvres littéraires récentes, des documentations techniques, des ouvrages scientifiques, des manuels scolaires et des supports de cours adaptés, ainsi que des livres du domaine public. Développé en partenariat avec l’INRIA Rhône-Alpes (INRIA: Institut national de recherche en informatique et en automatique) et soutenu par la Direction du livre et de la lecture (Ministère de la culture et de la communication), le serveur comprend 2.700 titres en août 2007, dont 70% de livres sous droits. Les fichiers numériques sont utilisés par 67 centres de transcription spécialisés situés en France et dans la Francophonie. En parallèle, la bibliothèque Hélène ouvre en janvier 2006 à l'intention des lecteurs déficients visuels, avec des livres pour la jeunesse, suivis ensuite d'ouvrages de littérature générale. Les collections comptent 1.200 livres, dont la moitié du domaine public. Catherine Desbuquois, gestionnaire de la bibliothèque, explique en août 2007: "Le catalogue de la bibliothèque Hélène progresse au rythme de la bonne volonté des éditeurs, qui commencent à envisager les avantages du droit de prêt numérique, mais c'est un long travail de pédagogie." L'inscription est gratuite sur présentation d'un certificat médical. A ce stade, la lecture est possible uniquement sur le bloc-notes braille Iris de la société Eurobraille, qui coûte entre 6.595 euros et 11.910 euros selon les modèles et dont le parc compte 700 unités seulement dans toute l'Europe (en 2006). De ce fait, la bibliothèque touche un public réduit, avec 123 lecteurs actifs et 217 lecteurs inscrits. Selon un document statistique de BrailleNet, "l'écart significatif entre le nombre de lecteurs inscrits et le nombre de lecteurs actifs tient au fait que beaucoup de personnes intéressées par la lecture numérique - mais non équipées d'Iris - se sont inscrites dans l'attente de la mise en place du nouveau mode de lecture sécurisé (PDF) auquel travaillent BrailleNet et la société Adobe (France)." Ce nouveau mode de lecture sera sécurisé au moyen d'un certificat numérique individuel déposé sur un eToken, à savoir un système d'authentification sur clé USB. Disponible à l'automne 2007, il devrait permettre d'augmenter la fréquentation de la bibliothèque puisqu'une plateforme spécifique ne sera plus nécessaire.


Handicapzéro, grand portail francophone

En quelques mots

Handicapzéro a pour but d’améliorer l’autonomie des personnes handicapées visuelles, à savoir 10% environ de la population francophone. Une association est créée dès 1987 à partir du constat suivant: l’information visuelle est omniprésente, mais les personnes aveugles et malvoyantes n’y ont pas accès. En France par exemple, une personne sur mille est aveugle, une personne sur cent est malvoyante et une personne sur deux a des problèmes de vue. L'association se donne pour objectif de "permettre à la personne déficiente visuelle d'aborder de façon autonome sa vie quotidienne en lui facilitant les accès à l'information, à la consommation, à la citoyenneté" et de "porter cette aspiration et la conduire jusqu'à ce qu'elle trouve sa légitimité auprès des acteurs de la vie socio-économique et de l'opinion publique". Dans cette optique, Handicapzéro lance un site web en septembre 2000, puis un portail généraliste en février 2003, avec une nouvelle version en octobre 2006. Plus de 2 millions de visiteurs utilisent les services du portail au cours de l'année 2006.

Un site web en 2000

Mis en ligne en septembre 2000, le site web de l’association devient rapidement le site adapté le plus visité, avec 10.000 requêtes mensuelles. Directeur de la communication de Handicapzéro, Patrice Cailleaud explique en janvier 2001: "Réflexions, conceptions, tests ont longtemps été à l'étude pour donner aux internautes aveugles et malvoyants un véritable outil doté d'informations pragmatiques. Depuis le 15 septembre 2000, tous les services de l'association dans des domaines comme les loisirs, la télé, la communication, la santé sont accessibles sur le site www.handicapzero.org. Plus de barrage pour les internautes aveugles: quel que soit le type de périphérique employé (synthèse vocale, plage braille), la navigation se fait sans obstacle. Par exemple, les images et illustrations qui abondent sur la toile et rendent les sites inaccessibles à cette population sont légendées. Plus d'illisibilité pour les internautes malvoyants: pour la première fois sur le web, le site dispose, dès la page d'accueil, d'une interface 'confort de lecture' qui permet, en fonction de son potentiel visuel, de choisir la couleur de l'écran, la taille et la couleur de la police. Les pages vues à l'écran sont également imprimables selon le format défini." Il ajoute: "L'avenir de l'accès à l'information pour les personnes aveugles devrait passer par le web. Ce support, à condition d'une responsabilité des développeurs de sites sous l'impulsion d'une autorité qui commence à légiférer, donne un accès instantané à une information actuelle, au contraire des supports braille ou caractères agrandis qui nécessitent des délais et des coûts d'adaptation, de transcription et fabrication. Toutefois il ne faudrait pas que le message pour rendre un site accessible soit trop compliqué au risque de dissuader les bonnes volontés."

Un portail en 2003

Suite à cette première expérience réussie, l’association lance en février 2003 un portail généraliste offrant en accès libre l’information nationale et internationale en temps réel (en partenariat avec l’Agence France Presse), l’actualité sportive (avec le journal L’Equipe), les programmes de télévision (avec le magazine Télérama), la météo (avec Météo France) et un moteur de recherche (avec Google), ainsi que toute une gamme de services dans les domaines de la santé, de l’emploi (avec l'Agence nationale pour l'emploi - ANPE), de la consommation, des loisirs, des sports et de la téléphonie. Les personnes aveugles peuvent accéder au site au moyen d’une plage braille ou d’une synthèse vocale. Les personnes malvoyantes peuvent paramétrer leur propre confort de lecture, à savoir la taille et la police des caractères - ainsi que la couleur du fond d’écran - pour une navigation confortable, en créant puis en modifiant leur profil selon leur potentiel visuel. Ce profil est utilisable pour la lecture de n’importe quel texte situé sur le web, en faisant un copier-coller dans la fenêtre prévue à cet effet. Les personnes voyantes peuvent correspondre en braille avec des aveugles par le biais du site, l’association assurant gratuitement la transcription et l’impression braille des courriers (4.000 caractères maximum) ainsi que leur expédition par voie postale dans les pays de l’Union européenne. Handicapzéro entend ainsi démontrer "que, sous réserve du respect de certaines règles élémentaires, l’internet peut devenir enfin un espace de liberté pour tous".

De nombreux services

L’association permet aussi à l’internaute de recevoir directement à son domicile un document adapté à ses besoins, en braille, en caractères agrandis ou en version audio. 90.000 documents sont édités en braille et en caractères agrandis en 2006 (80.000 documents en 2005), avec un champ d’action dans 15 pays. 25.000 personnes bénéficient gratuitement des services de plus de 200  collectivités et entreprises partenaires en 2006. "Tous ces services sont accessibles à partir du numéro vert de l’association et de son portail internet", est-il expliqué sur le site web. "Ce dispositif dans les domaines de l’actualité, la santé, la consommation, les sports et loisirs, l’emploi, etc., fonctionne avec la collaboration de chacune des parties concernées. Le partenaire mobilise ses ressources et compétences, considérant les personnes aveugles et malvoyantes comme des consommateurs et citoyens à part entière. (...) Les utilisateurs valident et participent à l’évolution des différents services mis en place." Le site reçoit la visite de 200.000 visiteurs par mois. Un annuaire recense les sites accessibles. En octobre 2006, le portail adopte une nouvelle présentation en enrichissant encore son contenu - notamment avec une rubrique nouvelles technologies (en partenariat avec 01net.com) -, en adoptant une navigation plus intuitive pour la page d’accueil, en proposant des raccourcis de clavier et en offrant un service amélioré pour l’affichage confort de lecture.


La Bibliothèque numérique pour le Handicap

En janvier 2006 est lancée la Bibliothèque numérique pour le Handicap (BnH) à l’initiative de la ville de Boulogne-Billancourt (région parisienne) et sous l'égide d'Alain Patez, bibliothécaire numérique chargé de mission pour la BnH. La BnH se veut une bibliothèque publique offrant un service public. "Projet à vocation nationale, la BnH repose sur la conviction que l'édition numérique est le moyen d'accès à l'information et à la culture le mieux adapté aux personnes en situation de handicap. L'objectif de la BnH est de permettre à toute personne confrontée à un handicap de télécharger à distance des livres numériques. Ces documents sont commercialisés dans le public, donc non libres de droit de reproduction." Les livres sont proposés en plusieurs formats, sous forme de fichiers chronodégradables. La plateforme technique est entièrement gérée par la société Numilog. En septembre 2007, l'accès de la BnH est généralisé à toute personne en situation de handicap - permanent ou temporaire - en France métropolitaine dans un premier temps. La BnH a obtenu en 2006 le prix "Action, Innovation, Accessibilité" du ministère de la santé et des solidarités. [En savoir plus]


Perspectives

Les années passant - voici maintenant douze ans que le web est entré dans notre vie quotidienne - de plus en plus de personnes handicapées considèrent l'ordinateur comme un outil essentiel faisant partie intégrante de leur vie quotidienne. Les bibliothèques numériques doivent donc évoluer en phase avec leur public et en phase avec les avancées technologiques, ou alors travailler ensemble afin de proposer plusieurs modèles possibles en fonction de l'âge et des goûts de chacun. Les besoins ne sont peut-être pas les mêmes pour les personnes plus âgées - nées à l'ère du papier - et les personnes plus jeunes - nées à l'ère de l'ordinateur. Il paraît important de proposer des livres lisibles sur tout appareil électronique standard, et non sur des appareils spécifiques coûteux, quoiqu'en disent les sociétés qui vendent ces derniers avec des marges confortables sinon excessives. Dans ce domaine comme dans bien d'autres, la diversité des services est peut-être envisageable en termes de complémentarité plutôt qu'en termes de concurrence, le but étant d'offrir le meilleur service possible à la communauté desservie, en tissant des partenariats au fil des ans.


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